Des rubans adhésifs aux couleurs vives, collés sur la peau…on en voit partout. Les blessures des sportifs ont pris des couleurs ces dernières années. Des coureurs récréatifs aux athlètes olympiques, il est difficile de les manquer. À quoi servent-elles exactement?

Le concept fut développé par le chiropraticien japonais Dr. Kenzo Kase dans les années 70. Insatisfait des taping sportifs traditionnels, il crée des bandelettes souples et élastiques qui ne restreignent pas le mouvement mais soutiennent les muscles par une action proprioceptive.

La popularité de ces bandelettes ne s’explique pas par une amélioration de leur technologie mais plutôt par une campagne marketing lors des jeux olympiques de Pékin en 2008. Une marque de taping distribue alors des milliers de rouleaux gratuits aux fédérations. Portées aux yeux des téléspectateurs, les bandelettes ont suscité l’intérêt des sportifs partout dans le monde. À l’origine, elles faisaient partie du coffre à outils des thérapeutes, et les voilà maintenant accessibles au grand public.

D’autres marques ont bien sûr profité de cette exposition et beaucoup sont mêmes nées à la suite de cette opération marketing réussie. On compte plusieurs dizaines de fabricants à l’heure actuelle.

Effet de mode?

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Un produit thérapeutique devenu un bien de consommation courante. Y’a-t-il un danger à cela? Oui et pour plusieurs raisons : tout d’abord parce que beaucoup de marques, pour faciliter la vie des utilisateurs, proposent des rubans prédécoupées, parfois même adaptées à la forme d’une articulation. Or il est préférable de découper les bandes sur mesure pour qu’elles s’adaptent à notre morphologie. En d’autres termes, le ‘one-size fits all’ n’est pas souhaitable dans ce cas. Autre écueil : la création de tutoriels pour faciliter la pose des rubans. Comme le succès du taping neuro-proprioceptif repose sur la direction et la tension appliquée, on comprend qu’il est préférable de se fier à l’expertise d’un thérapeute. Autre problème : avec la vulgarisation du taping neuro-proprioceptif, la qualité des produits a baissé drastiquement. S’il ne résiste pas à la transpiration du sportif, ou qu’il se décolle lors d’activités aquatiques (natation entre autres), quel en est l’intérêt? Seules quelques marques se distinguent par la qualité de leurs produits et ce sont ces marques qui se retrouvent sur les tablettes des thérapeutes.

Recette miracle?

Comme toute approche thérapeutique, le taping-neuroproprioceptif s’inscrit dans un ensemble de méthodes qui visent à restaurer l’équilibre du corps. Il ne faut pas lui attribuer des vertus miraculeuses mais il convient plutôt de le voir dans l’optique d’un continuum de soins.

Il est efficace en complément de traitements kinésithérapeutiques, de massages, ou d’exercices de rééducation. En outre, il prolonge et optimise les effets de la thérapie manuelle et représente donc une aide pour le clinicien. Les douleurs au dos, les contractions musculaires, problèmes articulaires… peuvent être efficacement traitées par le taping neuro-proprioceptif.

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Pour le sportif, il permettra un retour au jeu plus rapide. Il s’est affirmé non seulement pour le traitement des lésions musculaires, tendineuses et ligamentaires, mais aussi dans les domaines de la prévention, de l´entrainement et de la préparation physique.

Mode d’action

Le taping neuro-proprioceptif (TNP) est une méthode thérapeutique destinée à faciliter le processus de guérison naturel du corps en procurant soutien et stabilité aux muscles et articulations sans restreindre les mouvements.

Son mécanisme d’action s’appuie sur lefait que la stimulation cutanée produite par le tape perturbe les messages des mécanorécepteurs de la peau et envoie des informations différentes au système nerveux. Les effets recherchés peuvent être d’ordre neurologique, mécanique ou circulatoire. Au point de vue neurologique, le TNP améliore la proprioception, facilite ou inhibe le travail musculaire et peut réduire la douleur. Sur le plan mécanique, le TNP assiste le travail des tissus mous (tendons, ligaments) sans toutefois restreindre l’amplitude articulaire. Quant à l’aspect circulatoire, le TNP permet de réduire l’œdème et de diminuer l’inflammation en améliorant la circulation.

Différences avec le taping traditionnel

On connaissait depuis longtemps, dans le milieu sportif, les contentions élastiques (de type élastoplaste) et rigides (strapping). Contrairement au taping rigide, le taping neuro-proprioceptif permet au patient ou à l’athlète de garder sa totale mobilité, puisqu’il associe l’effet mécanique des contentions classiques et une composante neurologique basée sur la stimulation des mécanorécepteurs de la peau. Cette action entraîne deux effets, d’une part la réduction de la douleur et d’autre par un travail des propriocepteurs. L’élasticité du tape est comparable à celle du muscle. Il s’agit d’une membrane imperméable permettant l´évaporation et le port prolongé (sur plusieurs jours). Pour que son efficacité soit maximale et pour s’assurer qu’il ne décolle pas, il est important qu’il soit appliqué à même l’eau. L’absence de pilosité est donc requise avant de pouvoir l’appliquer.

Applications thérapeutiques

  • Amélioration de la fonction musculaire : en fonction de l’application, un effet tonifiant ou au contraire relaxant est obtenu, permettant ainsi d’équilibrer les tensions musculaires.
  • Soutien de l’articulation : par la combinaison des effets mécaniques et proprioceptifs.
  • Activation du système lymphatique : en augmentant l’espace sous-cutané, le drainage est facilité.
  • Réduction de la douleur : l’élasticité du tape entraîne un soulèvement de la peau favorisant une meilleure circulation sanguine qui accélère la guérison et soulage les récepteurs de douleur.

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En conclusion, le taping-neuroproprioceptif est efficace s’il est appliqué par un thérapeute certifié qui possèdent les connaissances physiologiques, une compréhension de la blessure et les habiletés techniques nécessaires. Son application doit répondre aux besoins spécifiques du patient. Elle repose sur une évaluation précise et sa pose doit également être faite de manière rigoureuse, au risque d’obtenir l’effet inverse à l’effet escompté. À l’heure actuelle, différentes professions de santé : chiropraticiens, kinésiologues, physiothérapeutes… peuvent offrir cette approche en complément de leurs traitements.

Eric Laily, BSc Kinésiologue accrédité

Préparateur physique & physiologiste de l’exercice

Entraîneur du club Dynamos Triathlon

MyoActif  Santé & Performance

514-561-4888 – myoactif.com

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